ARTELOGIE IX
(JUIN 2016)
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Appel à contribution Artelogie n° 3, été 2012
Image de la nation : art et nature au Chili




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Responsables :

Catalina Valdés cvaldese@gmail.com

Amarí Peliowski amari_pe@yahoo.com


Pour citer l'article:

, « Appel à contribution Artelogie n° 3, été 2012
Image de la nation : art et nature au Chili », in Appel à contribution Artelogie n° 3, été 2012 - Image de la nation : art et nature au Chili .
(c) Artelogie, n° , 2012.

URL: http://cral.in2p3.fr/artelogie/spip.php?article104

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Everybody knows that our cities were built to be destroyed. Meet Factory, Prague. Ignacio Gumucio, 2008

Peut-on parler d’un art national ? Les expressions artistiques sont-elles réductibles à des frontières politiques et géographiques ? L’art était-il auparavant régional et serait-il aujourd’hui devenu global ? L’imbrication entre nation et nature est, sans aucun doute, un aspect récurrent de la modernité, notamment au XIXème siècle, quand la nature acquiert le statut de symbole de la nation en signalant, par métaphore, son territoire et sa population. Nous nous posons ces questions à propos de l’art du Chili après avoir constaté la présence du thème de la nature dans les diverses manifestations de l’identité culturelle du pays. Aussi notre proposition porte-t-elle sur le rôle de la nature dans l’art chilien.

Un tel art chilien existe-t-il ? Et si oui, exprime-t-il une identification entre la nation -conçue comme une construction non seulement idéologique, mais aussi historique et imaginaire-, et les représentations du monde naturel ? Le thème de la nature est-il un sujet propre à l’art du Chili, est-il imposé ou dû au hasard, ou encore reflet d’une fascination quasi universelle du monde de l’art envers la nature ? Nous chercherons à réfléchir sur le rôle de la nature dans les courants artistiques nationaux, mais aussi à y démentir l’affirmation de sa prédominance.

Il est légitime d’associer le Chili avec une nature vierge et variée. Confortée par de récentes études sociologiques et de marché sur l’identité chilienne, sans oublier l’hymne national, l’idée d’une terre privilégiée par sa richesse et ses beautés naturelles, s’est imposée dans les discours et les imaginaires chiliens et étrangers. Nous proposons une liste de thématiques, ni exclusive ni exhaustive, où la diversité des rapports entre art et nature suscite plusieurs champs d’étude.

I. La nature dans les chroniques espagnoles des XVIème et XVIIème siècles

a) Rhétorique, description et fiction, particulièrement sur la nature du territoire chilien, dans le contexte plus vaste de cette production dans l’ensemble de l’Amérique Latine.

b) Contraste avec les récits des difficultés de la Conquête et de la Colonisation, surtout dues à la résistance de ses habitants d’origine (appelés, selon cette même rhétorique, « naturels »), et à l’extrême violence de cette nature supposée paisible : tremblements de terre, océan dit « pacifique ». Ambivalence de la nature paradisiaque et cauchemardesque.

c) Permanence de cet imaginaire dans la mentalité chilienne.

II. Voyages et expéditions au cours du XIXème siècle

a) Production et diffusion d’images, informations et impressions sur le Chili dans le monde (principalement en Europe). L’image du Chili élaborée par les voyageurs dans le contexte d’explorations plus larges (L’Amérique et le monde). Cartographie, atlas, albums illustrés, etc.

b) Liens entre les objectifs à la fois esthétiques, scientifiques et économiques des expéditions. Techniques, moyens et fétiches de représentation : l’imaginaire européen enrichi par l’expérience du voyage au Chili.

c) Récits de voyageurs provenant des autres pays du continent américain et regards comparatifs ou croisés entre le Chili et leurs pays respectifs.

III. Modélisations esthétiques du paysage

a) Le genre paysager comme une des « lignes constantes » (Romera, 1957) de l’histoire de la peinture au Chili depuis la deuxième moitié du XIXème siècle.

b) Reformulation du genre dans la deuxième moitié du XXème siècle (p. ex. Roberto Matta, Nemesio Antúnez).

c) Persistance du genre dans la peinture contemporaine (p. ex. Natalia Barbarovic, Ignacio Gumucio).

d) Élargissement de la catégorie du paysage au-delà des limites de la peinture dans l’art contemporain ; mise en abîme de la tradition paysagère (p. ex. Eugenio Dittborn, Gonzalo Díaz, Carlos Altamirano, Pablo Langlois).

e) Dimension politique de la nature conçue comme un emblème national à déconstruire. Interventions matérielles de/dans la nature comme gestes de résistance face à la dictature de Pinochet (p. ex. CADA, Al Margen, UNAC, Catalina Parra, Cecilia Vicuña ou Raúl Zurita).

IV. Anthropomorphisation de la nature

a) Machines modernes dans la nature : réseaux de transport et d’énergie, enregistrés notamment par la photographie et la littérature. Rapport entre travail, nature et art.

b) La nature dans la ville : l’importance du modèle du jardin français dans plusieurs parcs et promenades aménagés pendant la deuxième moitié du XIXème siècle (p. ex. Mont Santa Lucía, Parc Cousiño, Parc de Lota). Autres modèles appliqués aux villes chiliennes (p. ex., la ville- jardin anglaise).

c) Constance du paysage dans les représentations des villes chiliennes (peinture, photographie, cartographie, gravure). Points de repère toujours pertinents : les parcs, les promenades, les places, les ponts… Présence imposante de l’environnement géographique (la Cordillère des Andes à Santiago ou la grande baie à Valparaíso).

V. Les « autres » de la nature

a) Présence d’animaux vivants ou morts dans l’art contemporain : des performances de Las Yeguas del Apocalipsis dans les années 80, aux installations de Máximo Corvalán, Marco Evaristi, Felipe Muhr, entre autres.

b) Le regard anthropologique dans l’art contemporain chilien (Juan Downey, Pablo Langlois Vicuña).

c) Les représentations de la nature dans les œuvres des peuples originaires de l’actuel territoire chilien. Élargissement du champ d’étude esthétique, d’un côté par l’archéologie et de l’autre, le folklore, l’artisanat et les manifestations dites populaires.

VI. Modélisations de la nature dans le cinéma

a) La représentation de la nature comme indice de réalité dans les premiers films de Raúl Ruiz.

b) L’utilisation du paysage comme métaphore ou allégorie politique des films à l’époque de la dictature

c) L’approche plus contemplative du monde naturel aujourd’hui

d) La nature dans le cinéma documentaire.

VII. Nature et poésie.

a) Dimension sacrée, sublime, tellurique de la nature chilienne dans les poèmes de Gabriela Mistral, Pablo Neruda ou Pablo de Rokha.

b) La nature comme « foyer » chez Jorge Tellier. La parodie du topos chez Nicanor Parra.

c) La nature est-elle présente dans la poésie des jeunes auteurs actuels ?

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