ARTELOGIE IX
(JUIN 2016)
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Brésil : questions sur le modernisme

ARTELOGIE 1 HIVER 2011

Appel à communications




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Pour citer l'article:

ARTELOGIE 1 HIVER 2011, « Brésil : questions sur le modernisme », in Appels à contributions des numéros antérieurs .
(c) Artelogie, n° , 2013.

URL: http://cral.in2p3.fr/artelogie/spip.php?article6

Bien qu’il soit couramment admis que l’origine du mouvement moderniste est lié à la ville de Sao Paulo et tout particulièrement à la « Semana de arte moderna » de 1922, nous aimerions, pour notre part, dépasser la seule dimension géographique et nous intéresser à la modernité brésilienne en l’abordant comme une multiplicité de champs de tension à l’origine d’une effervescence d’innovations qui ont irrigué tout le vingtième siècle.

Le modernisme ne serait donc pas seulement un fait chronologiquement très spécifique (1922), ni un seul mouvement (au sens d’un groupe d’intellectuels). La particularité de la création littéraire et artistique moderniste se manifesterait dans les confluences et divergences entre une multiplicité de courants, comme tradition culturelle et modernisme, nationalisme et universalisme.

Nous pensons également que les diverses conceptions nationalistes et régionalistes qui sont encore aujourd’hui à l’œuvre, en se complétant ou s’annihilant, dépendent de l’orientation idéologique de l’observateur et du cosmopolitisme, sans oublier que ces deux valeurs peuvent révéler une complexité bien présente dans la vie brésilienne du début du siècle.

Un autre domaine d’intervention, dont l’interaction est importante dans un contexte de paradigme positiviste, est celui qui a un écho dans les œuvres exposées dans le « Musée de l’inconscient » de Rio de Janeiro et particulièrement chez un artiste comme Bispo do Rosario, grâce à l’importance croissante de la psychanalyse.

C’est pour ces raisons que nous préférons une définition élargie de la modernité qui, dans son ouverture aux avant-gardes artistiques, tienne compte des chocs de culture et des réactions qu’il en résulte, d’une façon ou d’une autre, tout au long du XXème siècle.

Cette capacité réactionnelle de tous les arts (toujours créatrice et innovante) est liée aux problèmes posés par l’accélération des changements technologiques, scientifiques, sociaux et démographiques qui se sont intensifiés au cours du siècle dernier. Dans ce sens, la profusion des manifestes et de contre manifestes, et la publication de plusieurs revues d’art avant-gardistes sont les vecteurs importants de ce processus.

Nous observons aussi qu‘il existe, au cours de la même période, un accroissement des manifestations de culture populaire (lié aux phénomènes de confrontation entre les thèmes de l’identité nationale et du cosmopolitisme) dans de nombreuses régions du Brésil, comme par exemple la restructuration des importantes écoles de samba de Rio de Janeiro, des groupes de maracatu et de frevo de Pernambouc et autres expressions artistiques associées à la culture populaire et afro-brésilienne.

Ce métissage culturel a été enrichi par les nouveaux apports des vagues migratoires successives venues d’Europe, d’Europe de l’Est, de Russie et du Japon. Toutes ces manifestations artistiques ont attiré l’attention d’artistes « historiques » comme Villa-Lobos, Tarsila do Amaral, Mario de Andrade, pour ne citer que ceux-là. A ce sujet, nous aimerions interroger autrement la nature des relations entre la culture populaire et la culture savante, axe structurant du jeu moderniste.

Nous nous proposons aussi d’analyser la question de la « ré-invention » littéraire, iconologique et mythique du Brésil et du Brésilien, en tenant compte d’un large processus chronologique qui irait de Lima Barreto et Euclides da Cunha aux œuvres les plus récentes de Jorge Amado par exemple.

Dans le champ de l’art, nous allons nous intéresser tout particulièrement à la figuration d’un corps brésilien qui récupère et revalorise les traits et les comportements de la culture noire, indienne et métisse.

Dans le champ du cinéma, l’activité dynamique du Brésil (avec la création d’écoles et de centres cinématographiques, la publication de revues et de journaux avec des sections de critique de films) et la projection de films brésiliens en Europe, transforme cette période en une source de grande influence pour l’art brésilien.

Une fois admis ces va et vient entre l’Amérique et l’Europe, nous nous proposons d’aborder les questions relatives à l’esthétique, l’échange autant intellectuel qu’artistique, entre les deux continents : 1 – La réception et la réinterprétation au Brésil des idées et des mouvements esthétiques d’avant-garde européens des premières décennies du XXème siècle. 2 – En questionnant les relations entre les avant-gardes brésiliennes et européennes, au-delà de l’axe Paris-Sao Paulo, en considérant l’influence du constructivisme russe et/ou celle de l’expressionnisme allemand dans sa relation éventuelle avec les avant-gardes d’autres villes du Brésil.

Pour terminer, notre souhait est d’ajouter à l’étude des relations des artistes et des intellectuels entre le continent américain et le continent européen, qui ont très souvent été réduites aux échanges entre les grandes capitales culturelles de l’Europe et du Brésil, celle de la circulation des idées entre les différents pays latino-américains qui vivent un processus équivalent de « modernisation ».

Les articles seront reçus jusqu’au 15 novembre 2010, uniquement par mail à l’adresse suivante : artelogie@gmail.com

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